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Héraclès-Hercule est, sans doute, la star des héros de la mythologie gréco-latine. Son endurance hors norme, sa force prodigieuse, en faisaient un exemple accompli de courage aux yeux des philosophes antiques. Mais voila, toute médaille a son revers. Et Héraclès, comme la plupart des héros, possède son côté obscur.


Lorsqu’on se penche sur la généalogie du héros, on est frappé par violence qui caractérise son histoire familiale. Héraclès est le descendant d’une lignée de femmes brutalisées par le désir masculin, en particulier celui de l’infatigable Zeus, insatiable coureur de jupons. Dans cette lignée on retrouve par exemple la belle Io, que Zeus transforme en génisse,
ou encore les Danaïdes qui assassinent leurs jeunes époux le soir de leurs noces…

Avec comme leitmotive, la colère d’une femme, la déesse Hera, l’épouse de Jupiter sans cesse déshonorée et réclamant sans cesse vengeance.

Les évènements qui précèdent la naissance d’Héraclès sont d’une rare violence. La guerre emporte tous les hommes qui entourent sa mère, Alcmène, la belle aux fines chevilles. Celle-ci vient de perdre ses huit frères lors d’un massacre et doit épouser Amphitryon, qui n’est autre que le meurtrier de son père. En l’absence de son mari parti à la guerre elle reçoit la visite de Zeus. Celui-ci la désire depuis longtemps. Habitué à toutes les ruses et à toutes les métamorphoses, il va prendre l’apparence d’Amphitryon pour obtenir de la belle innocente une nuit d’amour. La ruse ne s’arrête pas là: Zeus a persuadé Hélios, dieu du soleil, de ne pas se lever pendant trois jours, si bien que cette nuit en vaudra trois, à l’insu d’Alcmène…

Lorsque vont naître les jumeaux, Iphiclès et Héraclès, il ne fait aucun doute aux yeux de la déesse Hera qu’Héraclès est le fils de la honte. Elle n’a qu’une idée en tête, provoquer sa mort et se venger une fois encore d’un mari menteur, infidèle et violeur. C’est pour cela qu’elle envoie deux serpents dans le berceau des nouveaux-nés. Mais on raconte qu’Héraclès s’en empara, un dans chaque main, et les étrangla.

Avec une naissance comme celle-ci,

avec un tel passif familial,

on aurait envie d’allonger notre héros sur un divan

et de lui proposer d’entamer d’urgence

une bonne psychanalyse.

On croit souvent que si Héraclès se lance dans ses douze travaux, c’est pour gagner l’immortalité et rejoindre ainsi l’Olympe. C’est vrai mais en partie. Il existe une raison plus sombre, tragique, effroyable, que l’on ne doit pas oublier. La déesse Hera, qui le poursuit toujours d’une haine implacable, un jour, lui jette un sort et le frappe de folie. Dans cette crise de démence, le héros massacre sa femme Mégare et ses propres enfants.

Pour cette conférence dessinée, nous avons pris comme point de départ l'Hercule en bronze du Musée d'Aquitaine de Bordeaux. Ce chef d'œuvre de l'art antique est un bronze romain de taille presque humaine, d’influence hellénistique, datant du début du 3e siècle, représentant Hercule: 1 m 32 au garrot, 1 m 09 de large, 75 cm d’épaisseur, 90 kg. Il faisait probablement 2 m de hauteur à l’origine. Le mystère qui entoure sa découverte, de même que les raisons obscures qui ont motivé sa destruction partielle, sont l'occasion de redécouvrir cette magnifique sculpture à la manière d'une véritable enquête criminelle mais aussi de reparcourir les célèbres exploits de la plus grande star de la mythologie grecque et latine!

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Hercule... quelle histoire!

50 minutes - de 7 à 177 ans
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